Pourvu qu'il pleuve... Les industriels de la chaussure n'en
finissent plus de croiser les doigts: une rentrée humide est une rentrée réussie, avec des ventes à la clé. Sinon, il faudra attendre les soldes, et alors à l'été meurtrier que vient de vivre le secteur un hiver dévastateur pourrait bien suivre. En quelques mois, trois grosses entreprises ont dérapé. Bally, Bata France, qui a mis au chômage technique 800 salariés, et sa filiale Myrys, cinquième fabricant français, en dépôt de bilan depuis avril. L'hécatombe ne s'arrête pas là. Weston, le célèbre bottier limougeaud (380 salariés), va supprimer une quarantaine d'emplois, dont 20 licenciements secs. Il faudrait aussi parler d'Euratlantic, en Vendée (80 licenciements), de Minibel, qui compte délocaliser davantage; des mocassins Clark, engagés dans une restructuration sévère avec fermeture de trois usines et licenciement de 1.400 personnes... En quinze ans, le secteur a déjà perdu la moitié de ses emplois, passant de 62.000 salariés en 1980 à 30.000 aujourd'hui. Un désastre.
En 1995, les Français ont acheté 342 millions de paires de chaussures. Un chiffre pas minable du tout qui équivaut à 5,5 paires par an et par habitant, tous genres confondus. Soit 47 milliards de francs de recettes. Las, les soldes répétitifs ne permettent pas d'engranger les substantiels bénéfices d'autrefois. Il y a vingt ans, les rabais commençaient à 10%, aujourd'hui, les distributeurs bradent d'entrée à 40 ou 50%. Du coup, les consommateurs ont




