Le psychodrame redouté n'aura finalement pas eu lieu. Réunis hier à
Bruxelles, les ministres de l'Agriculture des Quinze se sont finalement séparés sur une note relativement consensuelle, mais au prix d'un silence inquiétant sur les mesures concrètes à prendre pour enrayer les conséquences de la maladie de la vache folle sur le secteur bovin. Tout en reconnaissant la nécessité de fournir aux producteurs de viande des aides complémentaires, ils se sont contentés d'inviter la Commission européenne à leur présenter des propositions au mois d'octobre, sans pouvoir se mettre d'accord sur celles qui leurs étaient initialement soumises.
A l'exception de la Grande-Bretagne et de la Suède, toujours prêtes à réduire les dépenses communautaires, les Etats membres ont notamment rejeté l'idée bruxelloise de piocher dans la poche des céréaliers pour redistribuer aux éleveurs quelque 1,3 milliard d'écus (8,4 milliards de francs) dans les prochaines années. «J'aimerais mieux qu'on s'en passe», a reconnu Philippe Vasseur, tandis que son collègue allemand se montrait totalement opposé à une telle éventualité.
Histoire de sortir de l'impasse financière et de trouver une solution à sa grande préoccupation du moment, les broutards, ces veaux souvent exportés pour l'engraissement et qui sont essentiellement élevés sur son territoire, la France a utilisé un stratagème de dernière minute et présenté à ses partenaires un document du Conseil daté du 10 septembre. Celui-ci fait état d'une cagnotte dispo




