Le nouveau pôle aérien privé Air Liberté-AOM, voulu par le
gouvernement pour compléter le pôle public Air France-Air Inter, pourrait bien tourner court. Mercredi, le conseil d'administration d'Air Liberté s'est déroulé dans un climat pour le moins tendu: arrivé avec un plan d'économie jugé particulièrement «sommaire» par ses actionnaires, le PDG, Lotfi Belhassine, a été prié de revoir sa copie et de se représenter lundi. Faute de quoi, la compagnie déposera son bilan. En réalité, le sort de l'entreprise se jouera dès ce week-end, au cours de réunions informelles. La situation financière d'Air Liberté s'est nettement dégradée au cours des six derniers mois de l'année: de 163 millions de francs au premier semestre, les pertes devaient atteindre un peu moins de 300 millions de francs en fin d'exercice (le 31 octobre 1996). Selon des sources proches du dossier, elles pourraient dépasser les 500 millions .
Hier soir, Lotfi Belhassine s'est empressé de démentir un possible dépôt de bilan. Aucune décision de ce type n'a «été prise ou suggérée par l'un des administrateurs», affirme-t-il dans un communiqué tout en reconnaissant que l'année 1996 a été «difficile». Pourtant, dans son édition datée du 20 septembre, Le Monde explique que le groupe bancaire Rivaud, dirigé par Edouard de Ribes et actionnaire de référence avec 32% d'Air Liberté, a refusé de suivre l'augmentation de capital réclamée par Belhassine qui s'élèverait à 600 millions de francs. Une chose est sûre: le plan présenté m




