Né de l'exploitation d'une mine de cuivre découverte par un moine
bouddhiste, le groupe de négoce Sumitomo aura payé cher les spéculations à haut risque de son trader vedette sur les marchés a terme du métal rouge. Murés dans leur silence depuis la révélation, il y a trois mois, d'une perte frauduleuse de 1,8 milliard de dollars (9 milliards de francs) sur ces marchés, les dirigeants de Sumitomo sont sortis hier de leur réserve pour annoncer que l'addition était encore plus lourde que prévu. La facture s'est alourdie de 800 millions de dollars depuis trois mois, a annoncé hier le président Kenji Miyahara. Elle atteint donc 2,6 milliards de dollars, environ 13 milliards de francs. Chacun s'attendait même à pire: «On pensait que l'addition serait encore plus lourde, de l'ordre de 4 milliards de dollars», commente une analyste de BZW à Tokyo.
L'explication de cette dérive, livrée hier par le président, est simple: la maison de négoce a jugé nécessaire de liquider rapidement ses positions à terme, compte tenu de leur montant par rapport au marché mondial du cuivre et des risques encourus sur les transactions dérivées.
Les autorités du London Metal Exchange (LME), le marché à terme des métaux non ferreux de Londres, ont également poussé discrètement mais fermement dans ce sens. Elles souhaitaient que le négociant paie lui-même la facture de ses manipulations sans perturber le reste du marché.
La maison de commerce a, parallèlement, annoncé sa décision de porter plainte contre Yasuo H




