Comme prévu, la Commission européenne a accepté hier que l'Etat
français renfloue le Crédit lyonnais à hauteur de 3,9 milliards de francs (Libération du 25 septembre). Ce nouveau coup de pouce permettra à la banque d'afficher, le 3 octobre prochain, un bénéfice semestriel - sans quoi elle aurait replongé dans le rouge. Les commissaires se sont prononcés à l'unanimité: un cas plutôt rare, dans une enceinte connue pour ses penchants libéraux.
Mais l'affaire est loin d'être terminée pour Bruxelles. Sans attendre, la Commission a ouvert une enquête sur le futur troisième plan de sauvetage, qui sera négocié d'ici la fin de l'année. Habituellement, Bruxelles se contente de donner son feu vert a posteriori. Cette fois, la Commission pourra mettre son grain de sel dès l'élaboration. Un glissement qui signifie davantage d'ingérence dans l'affaire Crédit lyonnais, contrepartie du chèque de 3,9 milliards.
«On en connaît certaines lignes, il yaura certainement un gros paquet d'aides publiques, a expliqué Karel van Miert, le commissaire européen chargé de la Concurrence. Il est donc nécessaire que la Commission soit en mesure de juger l'ensemble des éléments. Si l'on reçoit rapidement une notification, on pourra essayer d'y voir clair avant la fin de l'année.» Ce troisième plan comprendrait une recapitalisation supplémentaire d'au moins 10 milliards de francs, qui s'ajouterait aux 45 milliards entérinés l'été dernier par Bruxelles.
La négociation sera très délicate, conditionnée à des contr




