Quoi que sa femme en dise «il mène une vie de chien, il ne voit
jamais ses trois enfants et, croyez-moi, le monde aérien, il en a marre» , l'aviation, c'est sa grande passion, à Lotfi Belhassine. L'inventeur du Festival de musique et de théâtre de Tabarka, en Tunisie, dans les années 70, le baba cool ami de Claire Brétecher, Jacques Attali et Léo Ferré s'est même taillé de toutes pièces une légende sur mesure pour mieux s'introniser patron de transport: tout petit, il aurait, moyennant un goûter ou quelques pièces, exploité un système de locomotion original, des peaux de mouton sur lesquelles il traînait ses petits camarades dans sa Tunisie natale. En 1988, après Sup de Co Paris et une naturalisation française, le rêve devient réalité: il crée Air Liberté, une compagnie aérienne de charters.
Des avions au club de vacances. Fidèle à lui-même, Lotfi Belhassine attaque le marché bille en tête. Et pas avec des vieux coucous mais avec des avions neufs, des MD 83 de 170 sièges acquis en leasing. Il lance un système de voyage intégré, de l'agence à la plage, d'Air Liberté au Club Aquarius dont il est également le patron depuis 1979. Une société de tourisme, baptisée aussi «l'autre Club» pour embêter Gilbert Trigano et son Club Med, avec qui il finira pourtant par s'allier. A l'époque, pour s'imposer, Lotfi Belhassine a recours à la guerre des prix. Déjà.
«Le charter français est sous-développé, explique-t-il. Il faut entrer dans le cercle vertueux des bas prix et du volume pour ar




