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Libération

Au Mexique, survivre dans la crisePetit patron, Miguel Isla travaille au noir et ne paye plus ses dettes.

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Publié le 30/09/1996 à 10h14

Mexico envoyée spéciale

«Comment vont les affaires?» «Elles se portent très bien, merci. On a tout vendu: la voiture, la télé et le frigo!» La sévérité de la crise mexicaine, sans précédent depuis 1910, n'a pas réussi à départir Miguel Isla de son sens de l'humour. Fondateur il y a onze ans d'une micro-entreprise, une de ces structures de quelques salariés qui concentrent 85% de l'emploi au Mexique, ce quadragénaire fait, il est vrai, partie des rares survivants. L'atelier situé à Xotchimilco, au sud de Mexico, fabrique vaisselle et autres objets en grès vendus dans des boutiques de cadeaux. 70% des entreprises mexicaines de ce secteur ont mis la clé sous la porte depuis la dévaluation du peso en décembre 1994 à la suite du crash financier. Le Fonds monétaire international (FMI) a fourni une aide sans précédent au Mexique. Mais jamais potion n'a été aussi amère. «Les magasins de détail ont subi une baisse de 40% des ventes en 1995», assure Luis Santana Castillo, président de l'Antad, le syndicat patronal de la distribution. Et la consommation n'est toujours pas repartie.

Croissance de l'économie informelle. Il s'en est pourtant fallu de peu pour que l'atelier de Miguel ferme lui aussi et que ses quatre salariés se retrouvent au chômage, non indemnisé au Mexique. «En février 1995, lors du salon du cadeau, on a battu des records de ventes: 20 000 dollars (100 000 francs) en un mois», se souvient Miguel Isla. La crise doit s'installer dans la durée avant de transformer le compor

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