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Faire l'Europe de la croissance

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Publié le 07/10/1996 à 23h24

L'Europe a besoin de croissance. Pour simplement revenir au taux de

chômage qui prévalait en 1990, il faudrait, en France comme en Europe, retrouver pendant six ans une croissance moyenne de l'ordre de 3,5%. Or, faute d'avoir su compléter notre intégration économique par une intégration politique, nous avons été incapables depuis vingt ans de stimuler la croissance d'un espace économique européen qui s'est largement affranchi des frontières des Etats nations. Et nous sommes depuis plusieurs années confrontés à une incohérence majeure. L'Union monétaire est la seule perspective qui permettrait de développer la coopération indispensable pour retrouver la croissance. Pourtant, le processus qui y conduit risque fort d'accentuer la dépression.

Le processus de convergence, tel que l'a défini le traité de Maastricht, est absurde. Non en raison des critères de convergence ­ qui ne sont rien d'autre que des critères de bonne gestion ­ mais parce qu'il prétend créer une union monétaire, c'est-à-dire un espace de solidarité entre nations, par une procédure qui oublie totalement la solidarité. Or c'est la solidarité nationale qui permet à des régions aussi différentes que l'Alsace, la Provence ou la Bretagne de vivre en union monétaire. Elle s'exprime à travers le budget, la protection sociale et, plus généralement, le sentiment d'appartenir à une même communauté de destin. Peut-on imaginer réussir une union monétaire sans transférer un peu de cette solidarité à l'échelle de l'Union? Po

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