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Moulinex chahute son patronLes 2100 suppressions d'emplois confirmées dans un comité d'entreprise agité.

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Publié le 19/10/1996 à 0h23

Caen envoyée spéciale

Le presse-purée, objet mythique de Moulinex, quitte le site historique d'Alençon, fondé en 1937, pour l'usine plus récente de Mayenne. Tous les micro-ondes seront regroupés à Cormelles (banlieue de Caen). L'informatique sera sous-traitée. Vendredi, le PDG du groupe, Pierre Blayau, a commencé à lever un coin du voile sur la réorganisation de l'entreprise dont doit découler la suppression de 2 600 emplois (2 100 en France) annoncée le 18 juin.

Salle envahie. Commencé à 9 heures, le comité central de l'entreprise, réuni dans un centre de restauration du nord de Caen, s'est brutalement interrompu à 14h15 lorsqu'environ 150 salariés, en majorité syndiqués CGT et CFDT, ont envahi la salle aux cris de «Blayau, retire ton plan!» «Casseur d'entreprise!, l'apostrophe violemment un homme. Vous ne pensez qu'au profit.» Blayau écoute, le menton dans les mains. Il subit sans broncher le hurlement d'une sirène de chantier actionnée dans son dos, ou le «chiffon (rouge) de la colère» qu'on vient lui agiter sous le nez. Chacun tend le cou pour l'apercevoir. «Ça te fait quoi toi de le voir en vrai?», interroge une femme à son voisin. «Ça énerve», répond-il. Cris et pétards. Au milieu du brouhaha et des pétards, Pierre Blayau tente de prendre la parole: «Je vous le répète, pour atteindre notre objectif de zéro licenciement, il faut un accord d'aménagement du temps de travail à 33 heures. Cela fera 30 jours de congés supplémentaires.» «Des congés! Des congés! On en a ass

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