Vendredi, la direction de Moulinex a présenté, au cours d'un comité
central d'entreprise, son plan industriel, et détaillé site par site les 2 100 suppressions d'emplois annoncées le 18 juin. Environ 150 salariés ont interrompu cette réunion pour manifester leur colère (lire Libération du 19/20 octobre). Au lendemain de cette journée mouvementée, Pierre Blayau, nommé PDG du groupe il y a huit mois, a l'impression que les salariés partagent largement son diagnostic sur la situation de l'entreprise, même s'ils en contestent le coût social.
Quel est votre sentiment après la journée de vendredi?
Je constate que, globalement, le diagnostic est partagé par tous. Vous avez entendu comme moi les salariés parler de «gâchis» et d'autres dire: «Nous mettons des dizaines de milliers de machines à la benne.» C'est vrai, Moulinex a vécu avec d'énormes dysfonctionnements. Cela dit, la révolte de quelques-uns contre le dispositif de restructuration est évidente. Il faut l'écouter mais notre plan cherche à atteindre l'objectif zéro licenciement. Il présente plus d'avantages que de contraintes que nous sommes prêts à négocier. Les semaines à 46 heures sont difficiles, mais il y aura aussi des semaines à 26 heures pendant 5 mois. Soit au total 30 jours de congés supplémentaires avec des salaires maintenus à 98%, ce n'est pas rien! Si ça, ça ne passe pas, alors il faut revenir à la réduction de travail non compensée. Je ne le souhaite pas.
Grâce à l'aménagement du temps de travail, nous pouvons sau




