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Libération

Le modèle américain

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Publié le 21/10/1996 à 0h17

Chômage de masse et pauvreté sont les dysfonctionnements les plus

graves qu'une société développée ait à affronter. A regarder superficiellement les évolutions qui se sont produites depuis deux décennies de part et d'autre de l'Atlantique, on peut avoir l'impression que chaque région a choisi un modèle d'adaptation différent à une commune adversité: l'Europe est singularisée par un chômage de masse et les Etats-Unis par une croissance du nombre des travailleurs pauvres. Certains en déduisent l'existence d'un arbitrage entre chômage et pauvreté. Il suffirait de rendre les travailleurs plus pauvres pour réduire le chômage. Ce dilemme a été clairement évoqué pendant la campagne électorale aux Etats-Unis et repris en France, où l'on est avide de «modèles» étrangers. Il vaut mieux, a affirmé le Président Clinton, être un travailleur pauvre qu'un chômeur bien indemnisé. Les choses ne sont pas si simples. La pauvreté se développe du fait du chômage, et le non-emploi du fait de la pauvreté. Sait-on, par exemple, qu'aux Etats-Unis 10% des hommes âgés de 25 à 50 ans ne participent pas au marché du travail? La désincitation au travail est certes une façon de réduire les statistiques du chômage, non le nombre réel des chômeurs.

L'arbitrage entre chômage et pauvreté auquel nous devrions à contrecoeur nous résigner apparaît singulier dans des sociétés riches appelées à continuer de s'enrichir.

Sommes-nous obligés de croire le discours de ceux qui affirment que pour aider les pauvres, la

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