Michel Guerbet dirige les laboratoires du même nom, spécialisé dans
les «produits de contraste» utilisés en radiologie pour opacifier les reins ou les artères. Cette entreprise familiale de Seine-Saint-Denis, fondée en 1926, emploie 1 240 salariés et a réalisé l'année dernière 1,1 milliard de francs de chiffre d'affaires. En 1986, le temps de travail des salariés de la société a été réduit à 36 heures 30, avec aménagement des horaires mais sans réduction de salaire. Aujourd'hui, Michel Guerbet se dit plutôt hostile à la loi Robien, s'alignant ainsi sur les positions du CNPF. Que reprochez-vous à la loi Robien?
Le fait que cette loi n'est pas imposée aux entreprises et qu'elle permet un allégement des charges de travail représente en soi une bonne chose, mais pour le reste je suis très perplexe. D'une part, je redoute le coût de cette mesure alors que l'Etat est déjà surendetté. D'autre part, il faut bien se poser la question: que se passera-t-il dans trois ans lorsque l'entreprise pourra à nouveau réduire ses effectifs, et dans sept ans quand elle ne touchera plus les subventions? J'aimerais savoir ce que les VVF (la société de tourisme Villages Vacances Famille, dirigée par l'ancien leader CFDT Edmond Maire, vient de signer un accord, ndlr) vont faire plus tard? Redemanderont-ils des subventions? Personnellement, je ne me vois pas embaucher 10% d'effectifs en plus, prendre un an pour mettre en place ces recrutements et me dire l'année suivante, qu'est-ce que je fais? La lo




