A peine entrée en vigueur, la loi Robien sur la réduction du temps
de travail provoque un sacré ramdam. Au centre de la polémique qui agite aussi bien le monde politique que les patrons et les syndicats: le coût du dispositif. A combien revient, pour le budget de l'Etat, un emploi créé ou sauvé grâce à la loi du député-maire d'Amiens, qui prévoit un allégement de charges sociales en échange d'une réduction du temps de travail et de la création (ou la sauvegarde) d'emplois?
Depuis l'adoption du texte, le 11 juin, les experts de tous poils, notamment au ministère du Budget, ont fait tourner leurs ordinateurs. Résultat: un véritable maelström de chiffres où plus personne ne se retrouve vraiment. Gilles de Robien lui-même a commencé par évoquer la somme de 80 000 francs par an et par emploi créé ou sauvé. Le ministre du Travail, Jacques Barrot, a repris ce chiffre à son compte lors de la présentation de son budget. Depuis, on évoque plus souvent la somme de 50 000 francs. Récemment, Edmond Maire, président de VVF et utilisateur de la mesure, s'est lui aussi jeté sur sa calculette pour arriver à une estimation bien inférieure: 10 000 francs.
La question est importante, car elle décidera du sort de la loi Robien. Celle-ci est-elle une planche de salut ou mène-t-elle à l'impasse budgétaire? Hervé Passeron, PDG du Bipe Conseil, cabinet d'analyse et de prospective économique, a réalisé la première étude approfondie sur les conséquences financières de la loi. Surprise: l'auteur affirme




