L'avion, un Airbus A319, vient de se poser sur la piste de
Toulouse-Blagnac. Il est 7h35. Les passagers du vol IT 6023 en provenance d'Orly ne sont pas encore sortis qu'un camion Total s'est rangé sur la gauche de l'appareil. Un tuyau est arrimé sur une aile; en quelques minutes, 4 000 litres de carburant emplissent les réservoirs. Au même moment, les mécaniciens viennent scruter les réacteurs, pour une inspection rapide et obligatoire. Les bagages sont extirpés des soutes et déjà en chemin vers les tapis roulants de l'aéroport. Le dernier passager a à peine le temps de mettre le pied sur la passerelle que trois agents de nettoyage s'emparent de la cabine. Le steward fait une brève annonce au micro pour annoncer le prochain vol: «130 passagers. 30 abonnés. Aucune particularité.» Les trois hommes chargés du ménage ont cinq minutes pour enlever journaux et papiers, retaper les 142 appuie-tête des sièges, vider les poubelles. «Pffff! Bonjour le stress...», grommelle l'un d'entre eux. L'équipage ne bouge pas, prêt à accueillir les nouveaux passagers. Dans l'aérogare, l'enregistrement a déjà commencé. Fait nouveau: les passagers ne sont plus appelés par catégorie, selon que leur carte d'embarquement comporte la lettre «S», «Y» ou «X», mais ils ont tous un numéro de siège attribué. Plus question de s'asseoir où l'on veut. En remettant au goût du jour une pratique abandonnée il y a quinze ans, Air France Europe (l'ex-Air Inter) a gagné trois minutes sur la durée de l'embarquement.
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