Roubaix envoyée spéciale
Déployer une banderole. Ajuster son badge CGT, CFDT, FO, CFTC ou CGC. Scander en choeur: «Nous les THC...» Se rendre à Cholet, Epinal, Lyon ou Roubaix avec ces trois petites lettres, textile-habillement-cuir (THC) sur la poitrine. Défendre l'emploi. Hier, les cinq organisations syndicales du secteur avaient organisé une journée nationale d'action dans quatre villes de France. Une première depuis le rassemblement à Paris en 1994.
Décennie catastrophe. Trognes rougies par le froid, ils étaient environ 1 200 à défiler à Roubaix dans un décor de crise: petites maisons de briques rouges à l'abandon, commerces fermés, un seul cinéma rescapé. Une mobilisation maigrichonne dans une région autrefois totalement dédiée au textile et qui emploie encore 14 000 salariés . En dix ans, les effectifs ont fondu de moitié, comme partout ailleurs. «Regardez autour de vous, demandez. Personne ne se sent à l'abri. Toutes nos entreprises réduisent leur personnel ou chôment. C'est une catastrophe», se désole une ouvrière. Les salariés de la Lainière de Roubaix ont déployé d'immenses drapeaux rouges. Ils ne sont pas venus très nombreux. «A force de prendre des coups sur la tronche depuis 1989, les gens sont abattus», soupire Francis Martinage, délégué CGT récemment congédié. Dernier «coup» reçu à la Lainière: le licenciement, au début du mois, de 314 personnes sur un effectif total de 587. Un drame pour la ville.
Dans le cortège, des Kindy, des Peaudouce, des Bidermann. Des dé




