Séoul envoyé spécial
Kim Woo Choong, le patron et fondateur du groupe coréen Daewoo, défend avec force, dans un entretien avec Libération, l'acquisition de Thomson Multimédia par Daewoo Electronics, tout en accusant les industriels japonais de vouloir saboter cet accord. «Certaines grandes compagnies internationales d'électronique sont opposées à cet accord car elles estiment que cette fusion rendra Daewoo trop compétitif», affirme Kim Woo Choong qui a été condamné à deux ans et demi de prison pour avoir versé des pots-de-vin au président de la Corée du Sud. «Ces grandes compagnies, a-t-il précisé sont peut-être en train de faire du lobbying auprès du gouvernement français». Menace. Cette opération interviendra après la cession par l'Etat de Thomson SA, la maison mère de Thomson Multimédia, au groupe Lagardère. Les grands groupes japonais, tel Toshiba, ont en effet toutes les raisons de se sentir menacés par cette fusion, qui fera de Daewoo un leader mondial de l'électronique grand public. Un diagnostic confirmé par plusieurs experts à Séoul. Ce défi coréen dans un domaine où, il y a peu, les zaibatsu japonaises (grand groupe) régnaient en maîtres incontestés, semble inéluctable. «Si le gouvernement français n'avait pas choisi le binôme Groupe Lagardère-Daewoo Electronics, note un expert bien informé, c'est un autre binôme franco-coréen qui l'aurait emporté, à savoir Alcatel-Samsung.» Habillé, comme à son habitude, de la blouse gris clair , uniforme de Daewoo, le président




