Après des années de noire récession, le marché international du
transport aérien retrouve des couleurs. Mais l'équilibre reste fragile alors que la déréglementation n'est pas achevée. La semaine dernière, Américains et Européens se sont réunis pour étudier un accord global de libéralisation («open sky»). Sans que ces discussions débouchent sur quelque chose de concret. Selon Pierre Jeanniot, directeur général de IATA (l'Association internationale du transport aérien), l'Europe, qui doit abolir toutes restrictions en 1997, va être «sous pression». Entre 1994 et 1995, les profits des compagnies aériennes ont fait un bond spectaculaire. Comment l'expliquez-vous? Avec 5,2 milliards de dollars de bénéfices, 1995 a été une année record dans l'histoire de l'aviation. Cela ne représente que 4% du chiffre d'affaires, ce qui peut paraître modeste, mais c'est un ratio excellent pour une industrie comme la nôtre. En 1996, nous sommes sur la même tendance: entre 5,5 et 6 milliards de dollars. Pour l'industrie du secteur, c'est une bonne nouvelle: cela permet, dès aujourd'hui, de mettre des appareils en commande afin de rajeunir la flotte. Mais gare aux excès. En 1988-89, les compagnies ont passé beaucoup de commandes et puis la récession est intervenue et a causé une surcapacité pendant plusieurs années et une vraie guerre des tarifs. C'est cette surcapacité que nous avons aujourd'hui résorbée. La croissance a été bonne. Du coup, la recette unitaire (recette par passager et kilomètre t




