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Moulinex chronique d'un plan socialLe syndicaliste et le spéculateur Louis Viannet visite l'usine de Saint-Lô, George Soros entre dans le capital.

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Publié le 22/11/1996 à 1h07

L'un s'est invité dans le capital de l'entreprise, l'autre dans ses

ateliers. Quelques heures à peine après l'annonce de la prise de participation dans le capital de Moulinex par le financier Georges Soros (5,48% des parts, soit plus de 4% des droits de vote), le secrétaire général de la CGT Louis Viannet se présentait hier aux portes de l'usine de Saint-Lô, dans la Manche. Des visiteurs surprises que les salariés découvrent en même temps, ou presque, avec stupeur. «Le spéculateur et le syndicaliste, quelle fable!», s'amuse une ouvrière. Contacté par téléphone, Georges Soros s'est refusé à expliquer son subit engouement pour le groupe électroménager en pleine restructuration (2600 suppressions d'emploi sont programmées dans le groupe dont 2100 en France avec la fermeture de deux usines). «Notre politique est de ne jamais commenter les investissements que nous réalisons», répond laconiquement le porte-parole de l'homme d'affaires américain. Même mutisme de la part de la direction de Moulinex. Mais pour Louis Viannet, l'affaire est parfaitement claire: «quand un prédateur de ce niveau se jette sur une proie, c'est qu'il considère qu'elle peut être juteuse. C'est la meilleure preuve que les salariés ont bien raison de ne pas accepter les licenciements», ironise-t-il. «Depuis le début de l'année, le cours de l'action a gagné près de 70% dont 30% à l'annonce du plan social», renchérit Chantal Samson, déléguée CGT du site.

Louis Viannet, en tournée «sociale» dans le département et

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