Tokyo
de notre correspondante Gare au géant! Le gouvernement japonais a annoncé hier une vaste réforme de Nippon Telegraph & Telephone (NTT), le premier opérateur mondial de téléphone. Grâce à cette réforme, NTT pourra offrir des services internationaux. Pour l'instant, ce géant (80 milliards de dollars de chiffre d'affaires, trois fois celui de France Téléecom), est un poids plume hors des frontières de l'archipel. Pour une bonne raison: les appels internationaux passent par trois autres compagnies nippones (KDD, ITJ et IDC). La taille de NTT tient à son quasi monopole sur un marché intérieur de 130 millions d'habitants et 61 millions d'abonnés.
Onze ans après sa privatisation partielle (l'Etat a conservé 65% du capital), la question du démantèlement de l'opérateur, débattue depuis sans relâche, a donc été tranchée. Dans un sens favorable à NTT: il sera divisé en trois sociétés (deux locales, pour l'Est et l'Ouest du Japon, et une longue distance) non pas indépendantes, comme le souhaitait le ministère des P&T, mais regroupées sous un holding qui les contrôlera à 100%.
Une solution «à la japonaise», qui sauve la face de tout le monde mais arrange surtout NTT . Depuis des mois, les dirigeants de l'opérateur faisaient campagne sur le thème: «le démantèlement est une idée dépassée». En pointant ce qui se passe aux Etats-Unis: l'exemple de l'absorption par British Telecom de MCI, deuxième de la téléphonie longue distance, début novembre, a beaucoup aidé le président de NTT, Junich




