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L'Europe a les armes pour vaincre le chômage

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Publié le 09/12/1996 à 3h20

L'Europe des quinze constitue l'économie la plus fermée du monde

industrialisé: le poids de ses exportations dans le PIB est de 8%, alors qu'il est de 10% pour le Japon et de 12% pour les Etats-Unis. Or l'un des résultats les plus robustes de la théorie économique est que les politiques d'expansion sont d'autant plus efficaces que l'espace dans lequel elles s'exercent est fermé, qu'il n'existe pas de tensions inflationnistes, que le taux de chômage est très élevé et que les entreprises jouissent d'une bonne profitabilité. Ce sont, de fait, les caractéristiques de l'économie des Quinze, considérée globalement, aujourd'hui. Aussi, le vrai débat n'est-il pas de savoir s'il convient ou non de réaliser la monnaie unique, mais s'il existe entre les gouvernements européens un consensus quant aux politiques à conduire dans l'espace de la monnaie unique. Qu'en est-il? Quelles sont les conceptions que l'on entend le plus fréquemment?

Deux visions du monde à venir sont dans l'air du temps, mais aucune ne cherche vraiment à tirer profit des circonstances actuelles. Dans la première, la baisse du taux de croissance dans nos vieilles économies industrialisées est un phénomène tendanciel, et il serait vain de compter sur les dividendes du progrès pour résoudre nos problèmes actuels. Il nous faut donc mieux partager le travail, les revenus et les richesses, bref s'adapter, de la façon la plus solidaire possible, à un monde sans croissance. Dans la seconde, la croissance est entravée par nos

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