Pour la première fois de sa carrière, Kuniko Hamada, 48 ans, simple
employée de banque, se sent valorisée. Elle vient d'obtenir, au bout de trente ans dans le même établissement, sa première promotion! Mais c'est aux tribunaux qu'elle doit cet avancement.
Bafouant tous les usages d'une société réputée non conflictuelle, Kuniko a décidé, voilà neuf ans, avec douze autres de ses collègues, d'attaquer son employeur en justice pour discrimination sexuelle.
Ecarts de salaires de 30 à 50%. A démarche incongrue, résultat inattendu: le tribunal de Tokyo, qui vient de statuer sur l'affaire, a tranché en leur faveur, condamnant la Shiba Credit Union à verser aux plaignantes la somme de 100 millions de yens (environ 5 millions de francs) en compensation du salaire qu'elles auraient dû percevoir si elles avaient bénéficié des mêmes possibilités d'avancement que leur collègues masculins.
La décision pourrait bien faire jurisprudence. Car, s'il est très fréquent au Japon, pour ne pas dire général, que les femmes soient moins bien payées que les hommes à travail égal, c'est la première fois qu'un tribunal reconnaît l'existence de discrimination sur la feuille de paie.
«Ici, les écarts de salaires entre hommes et femmes varient entre 30 et 50%», relève Hisako Konno, avocate de la défense. Un record dans les pays développés!
Mariée, deux enfants, Kuniko a pourtant beaucoup hésité avant de se lancer dans cette aventure à haut risque. «Nous avons mis trois ans à nous décider», confie-t-elle. Qu'un s




