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Pas de croissance sans Europe politique

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Publié le 06/01/1997 à 16h27

L'Europe va mal. Après six années de croissance faible, l'Europe

continentale bat de nouveaux records de chômage. Or, ce chômage de masse a moins son origine dans les rigidités du marché du travail que dans l'abandon, depuis quinze ans, des politiques expansionnistes par les nations européennes. Nulle part dans le monde on n'a autant abusé des politiques d'offre, des politiques de compétitivité, des politiques de flexibilité. Il a fallu sept ans aux nations européennes pour sortir de la récession du début des années 80 et pratiquement autant pour émerger de celle du début des années 90, là où les Etats-Unis en sont sortis en un an ou deux par des politiques de relance massives. On pourrait penser que l'Europe s'est convertie à la révolution conservatrice et au monétarisme. Mais alors, pourquoi a-t-on mené ces politiques aussi bien sous des gouvernements de droite que sous des gouvernements de gauche?

La réponse se trouve en grande partie dans le fossé qui s'est creusé entre le développement de notre intégration économique et l'indigence de notre intégration politique. L'intégration des marchés des biens et des capitaux ne rend pas impuissantes les politiques nationales. Les politiques de flexibilité et de compétitivité par les coûts, d'autant plus efficaces qu'elles sont menées à l'échelle nationale, sont surutilisées. Au contraire, les politiques de relance, qui bénéficient à tous alors que leur coût en est supporté par les seuls pays qui les conduisent, sont systématiqueme

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