Partout en Europe et dans le monde, la protestation va grandissante
contre les projets des gouvernements d'introduire davantage de «flexibilité». Les sociétés sont bien irrationnelles puisqu'elles refusent comme les enfants d'avaler les potions amères qui rétabliraient leur santé. Il faudrait leur faire un cours d'économie politique, pour qu'elles comprennent enfin pourquoi davantage de précarité leur préparerait un meilleur avenir. Deux principes fondamentaux doivent leur être enseignés: 1) plus le licenciement est facile pour les entreprises, moins elles auront de réticence à embaucher; 2) la mondialisation de l'économie n'impose pas seulement de nouveaux sacrifices à ceux dont la formation et le patrimoine sont insuffisants pour qu'ils en tirent profit, elle change la nature du travail. Celui-ci devient de plus en plus comme une marchandise. La formation de son prix comme la protection qui lui était associée doivent désormais obéir aux lois des marchés «spot», c'est-à-dire des marchés d'échanges immédiats. C'est de là que vient l'exigence de flexibilité. Il faut pouvoir utiliser le travail lorsque l'occasion se présente, et s'en passer librement lorsque ce n'est point le cas. Les coûts du travail qui sont liés au long terme, à l'exigence de la protection de la personne humaine, entrent en conflit avec l'horizon court des marchés. Il faudrait qu'ils soient disjoints de l'échange marchand entre salariés et entreprises. Après tout, chacun est responsable de sa propre prot




