II y a des mariages d'amour et des mariages de raison. L'union
annoncée hier entre les groupes japonais Sega (jeux électroniques) et Bandai (jouets), qui donnera naissance à un des leaders mondiaux du jeu vidéo et du jouet, relève plutôt de la deuxième catégorie. Et a surpris tout le monde. Y compris le président de Sony, Nobuyuki Idei, qui a admis qu'«il n'aurait jamais imaginé un tel rapprochement». Malmenés sur leur marché respectif, les deux groupes, qui se placent pourtant en tête sur leur marché domestique, ont présenté hier leur alliance comme une nécessité pour survivre.
Le fabricant de jeux et de consoles vidéo Sega, longtemps concurrent du seul Nintendo, a de plus en plus de mal à contenir la montée en puissance du géant de l'électronique grand public Sony, retardataire mais redoutable rival sur ce marché lucratif. Il s'est ensuivi depuis trois ans une guerre des prix impitoyable qui a laminé les marges du secteur. En 1996, Sega fut contraint de réviser à la baisse son bénéfice courant imposable de 27 à 11 milliards de yens. Il n'a finalement dégagé qu'un bénéfice net d'environ 200 millions de francs pour un chiffre d'affaires de 18 milliards de francs. De même, si Bandai était quatre fois plus profitable l'an dernier (480 millions de bénéfices nets pour 10 milliards de chiffre d'affaires), il prévoit de tomber dans le rouge cette année. Le champion national du jouet, créateur des fameux Power Rangers et du gorille Godzilla, est confronté au déclin du marché japona




