Nouvelles passes d'armes dans le conflit du Crédit foncier de
France: tandis que cet après-midi, une assemblée générale extraordinaire des actionnaires du Crédit foncier doit décider de la dissolution ou de la poursuite de l'activité de l'établissement, les salariés manifesteront aux abords de la réunion. Sauf coup de théâtre, cette assemblée ne devrait pourtant pas présenter de surprise: le gouvernement a en effet «suspendu» le plan Arthuis, contre lequel s'étaient élevés les salariés du CFF. Et il a confié à un conciliateur désigné par Matignon, Philippe Rouvillois, le soin de rechercher une solution acceptable par les personnels du CFF.
On en est encore aux préalables: l'intersyndicale n'a toujours pas obtenu du conciliateur les deux documents qu'elle réclamait: le «contrat de portage» entre la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et l'Etat, et le rapport Paribas. Ce contrat de portage, qui devait régler les conditions auxquelles l'Etat reprendrait le capital du Foncier à la Caisse des dépôts, n'existe pas. La CDC a bien lancé cet automne une OPA sur le CFF pour le compte de l'Etat. Mais l'échange de lettres entre le Trésor et la Caisse qu'a produit le médiateur prouve surtout le souci des dirigeants de la Caisse de ne pas se retrouver avec le Foncier sur les bras.
Quant au fameux rapport Paribas, sur la base duquel Jean Arthuis aurait, en avril 1996, conclu à la non-viabilité du Crédit foncier, Philippe Rouvillois aurait juste reçu «une note de synthèse de trois pages,




