Le bus se fait rare ces temps-ci en province. Hier, une douzaine de
villes étaient encore privées de transports, depuis cinq jours pour certaines, depuis trois semaines pour Toulouse. Il en sera de même aujourd'hui à Marseille, Toulouse, Clermont-Ferrand, Nice, Cannes et Toulon où la reconduite du mouvement a été votée par les traminots. Ces derniers s'en tiennent aux revendications portées par la CGT et FO, avec toute la sympathie de la CFTC et de la FNCR (autonomes): la semaine de 35 heures et la retraite à 55 ans. Seule la CFDT se tient, pour le moment, en retrait du mouvement. Pourquoi un tel conflit? Derrière ces revendications se profile en réalité une angoisse, celle de l'agression physique ou verbale dont les conducteurs disent être de plus en plus souvent victimes. «Cela ne touche plus seulement les grandes agglomérations. Depuis deux ans, ces phénomènes concernent également les villes moyennes. C'est la raison pour laquelle, les conducteurs ont envie de travailler moins et de partir plus tôt», explique Olivier de Hillerin, chargé des affaires sociales à l'Union des transports publics (UTP, 160 réseaux dans toute la France, 34 000 salariés). A Dunkerque, les chauffeurs de bus continuaient ainsi hier à refuser de desservir la commune de Grande-Synthe, pour protester contre l'agression à main armée de l'un des leurs mercredi soir.
C'est sur cette base que se sont ouvertes les négociations par branche: réduire le temps de travail et améliorer les préretraites. Mais deux




