Pourquoi ces grandes manoeuvres dans les télécoms?
L'ouverture complète du marché à la concurrence, le 1er janvier 1998, va surtout affecter le téléphone dit «longue distance», c'est-à-dire l'interurbain. Le marché des mobiles est déjà ouvert (France Télécom, la Générale des eaux et Bouygues exploitent chacun un réseau), et celui du téléphone local restera longtemps un quasi-monopole de France Télécom, aucun opérateur n'ayant les moyens de dupliquer le complexe et coûteux réseau urbain du champion national. La compétition dans le local ne prendra vraiment son essor qu'avec l'apparition des «boucles locales hertziennes», c'est-à-dire le raccordement des foyers au téléphone par la voie des ondes. Sur le téléphone longue distance, France Télécom est plus vulnérable. Il suffit à ses concurrents d'exploiter les fibres optiques (ou les faisceaux hertziens) déjà mis en place par quelques établissements publics ou privés: SNCF et sociétés d'autoroutes en particulier (l'ouverture de celui d'EDF n'est pas envisagé pour l'instant). Ces infrastructures nécessiteront toutefois d'être complétées. A qui va profiter l'ouverture à la concurrence?
Le téléphone longue distance est un gâteau de 57 milliards de francs, qui ne devrait guère gonfler dans les prochaines années. France Télécom sera donc contrainte de le partager avec les consortiums formés autour de Bouygues et de la Cegetel (filiale télécoms de la Générale des eaux). Le cas est bien différent pour le téléphone mobile, secteur à fort




