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«Ici, rien ne se fait sans nous». Les syndicats belges encartent 80% des salariés et indemnisent chômeurs et grévistes.

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Publié le 11/03/1997 à 23h31

Vilvorde envoyée spéciale

Renault ne veut plus d'eux? Les salariés belges iront à Renault! Tout le monde sera aujourd'hui du voyage, même s'il faut pour cela affréter 110 bus. Coût probable de l'opération: entre 1,5 et 2,2 millions de francs belges (255 000 à 375 000 francs français). Les organisations peuvent se le permettre. A Vilvorde, 95% des ouvriers sont syndiqués.

Habitude de négocier. Hier, à 7 heures du matin, une assemblée générale a réuni la totalité du personnel de Renault Vilvorde. Debout dans l'immense atelier, devant des Mégane jaunes et bleues, ou juchés sur des palettes d'essieux de voitures, les salariés ont écouté les délégués leur parler de «la lutte» et décider de la grève jusqu'au 18 mars. L'usine, bien qu'occupée depuis une semaine, était en effet jusqu'à maintenant en congé pour récupérer les heures supplémentaires. «D'habitude, quand nous négocions avec les patrons, nous parvenons toujours à un accord. En échange, nous assurons la paix sociale», explique Karel Gacoms de la FGTB. «Rien ne se fait sans nous», renchérit Jean-Paul Verbeke, de la CSC.

Depuis une semaine, ces deux syndicats, la Confédération des syndicats chrétiens (CSC) et la Fédération générale des travailleurs belges (FGTB), mènent la bataille contre la fermeture du site. Une troisième organisation, la Centrale générale des syndicats libéraux de Belgique (CGSLB) participe mais ne représente qu'une petite portion du personnel.

En Belgique, ces syndicats centenaires se distinguent par la coul

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