Bruxelles envoyés spéciaux
La Confédération européenne des syndicats (CES) regroupe l'ensemble des syndicats européens (à l'exception de la CGT française), soit 62 organisations représentant 28 pays. Partenaire reconnu par la Commission européenne, elle est habilitée à négocier avec le patronat européen. Son secrétaire général, l'Italien Emilio Gabaglio, estime que le conflit Renault représente un «cas d'école».
Pourquoi a-t-il fallu attendre aujourd'hui pour qu'une affaire comme celle de Renault suscite des réactions transfrontalières? Ce conflit est révélateur d'un malaise à l'égard des insuffisances sociales de la construction européenne. Cela fait un moment que les syndicats essayent d'attirer l'attention des décideurs politiques sur le fait que l'on ne peut continuer à bâtir une Europe uniquement fondée sur le marché unique ou la monnaie unique. Renault est un cas d'école: une entreprise multinationale décide de fermer un site en Belgique, de réduire ses effectifs en France et en même temps de demander via le gouvernement espagnol une aide d'Etat pour accroître ses capacités de production dans ce pays. Dans un espace économique intégré, un tel shopping social et fiscal est-il admissible? La Commission européenne devrait être dotée de pouvoirs en matière d'emploi et de garanties sociales équivalents à ceux dont elle dispose en matière de concurrence. Au fond, c'est quoi, l'Europe sociale? Un cadre général comme il en existe un pour le marché ou la monnaie. Si les entrep




