Vilvorde - Boulogne-Billancourt envoyée spéciale
Loïck ne trouve pas ses mots. «Pas possible, c'est fou», bégaye ce militant CFDT de Renault-Douai. «Belle leçon de mobilisation», siffle d'un air admiratif un ouvrier. Il est 9h20, au péage de Senlis. 140 cars venus de Belgique viennent de se garer sur le bord de l'autoroute, immobilisant tout le bas-côté droit et deux voies. Trois bus de l'usine Renault-Douai se sont trouvés là au même moment. La rencontre a lieu sur le bitume, sous les yeux éberlués des automobilistes. Les Français empruntent les foulards verts, rouges, bleus des salariés belges de Renault Vilvorde, accompagnés par des délégations de Volvo, Volkswagen, Caterpillar. Les Belges scotchent sur les vitres de leurs autocars les tracts de soutien des Français. Des pétards éclatent. Les routiers qui passent klaxonnent. Les syndicalistes belges font le point: il manque quatre cars accidentés sur le parcours, des accrochages heureusement sans gravité. A partir de Senlis, à cinquante kilomètres de Paris, des motards de la police française vont escorter ce convoi long d'au minimum huit kilomètres, jusqu'à Boulogne, au siège de Renault. Cinq mille Belges y sont attendus.
Le soutien des épouses. Le cortège est parti à l'aube de Vilvorde. A 4 h30 du matin, les salariés se sont retrouvés devant les portes de l'usine Renault. Mégaphone en main, un militant FGTB (Fédération générale des travailleurs belges, socialiste) organise le remplissage. «Il reste 10 places dans ce bus!»




