Tokyo, de notre correspondante
L'histoire se répète. Hideo Sakamaki avait été nommé en 1991 à la tête de Nomura Securities pour redorer l'image de la première maison de titres japonaise dont les relations avec des clients proches des yakuzas, la mafia japonaise, avaient été mises au jour. Et voilà qu'il a dû remettre sa démission vendredi, après la découverte d'opérations boursières irrégulières réalisées au profit d'un sokaiya, ou professionnel du racket d'entreprises.
De nombreuses grandes entreprises japonaises paient des sokaiya pour que leurs assemblées d'actionnaires se déroulent dans le calme. Soit parce qu'elles n'ont pas le choix car ces professionnels du chantage, généralement très bien informés, menacent de révéler des informations gênantes pour la direction en place. Soit tout simplement parce qu'elles ne veulent pas de vagues lors de leur rendez-vous annuel avec les actionnaires. Ces assemblées générales sont d'ailleurs souvent caricaturales au Japon, expédiées en moins d'une demi-heure, le temps des discours du président et du directeur financier. De plus, une règle non écrite veut qu'elles aient lieu presque toutes le même jour, ce qui a pour vertu d'empêcher les investisseurs et la presse d'y assister et de poser des questions. Le tout pour éviter aux mafieux de cibler une assemblée et de la perturber.
Qu'avait à cacher Nomura pour payer un sokaiya? L'enquête en cours ne le révélera sans doute pas. L'un des objectifs de la démission du président est précisément




