C'est peut-être la dernière bataille du plan Juppé de maîtrise des
dépenses de santé. Jacques Barrot, le ministre des Affaires sociales, avait réussi à faire signer une double convention aux médecins, grâce à l'accord de deux syndicats, et à réduire le feu qui couve dans l'hôpital public en édictant un budget région par région puis établissement par établissement. La brusque grève des internes des centres hospitaliers universitaires (CHU) risquait de tout faire repartir. A la fois cheville ouvrière des hôpitaux et futurs médecins libéraux, les internes et leur mouvement pouvaient doper la grogne des agents hospitaliers comme celle des médecins opposés aux sanctions financières prévues en cas de dépassement de l'objectif annuel (+1,3% en 1997). La Sécurité sociale valant bien une reculade, la Caisse nationale d'assurance maladie négociait dans la soirée de samedi avec MG France et l'Union des chirurgiens et spécialistes, toutes deux signataires de la convention d'une part, et avec l'Intersyndicale nationale des internes en hôpitaux (Isni) d'autre part. Et accédait in extremis à leur revendication: un moratoire de sept ans pour les nouveaux médecins avant de devoir subir les foudres du reversement, le temps de s'installer et de se faire une clientèle.
Il était temps: le mouvement de grève des internes qui touchait quasiment toute la province s'étendait à Paris. Une aubaine pour les syndicats libéraux anticonvention, SML et FMF, qui manifestaient hier. L'herbe leur fut donc coupé




