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Libération

A Vilvorde, 4 000 autos «séquestrées». Les grévistes veillent nuit et jour sur le parking.

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Publié le 19/03/1997 à 22h22

Le vent gonfle légèrement les tentes installées devant les grilles.

Des grévistes se sont posés là, en bordure du ring, le périph' de Bruxelles. Derrière eux, un parking, immense: 27 hectares de bitume ­ soit l'équivalent de 25 terrains de foot ­ et 4 000 véhicules stationnés. Pas de grande surface à l'horizon qui pourrait faire croire à une zone commerciale: il s'agit du parc automobile de l'usine belge de Renault. «Ces voitures sont à nous. Nous ne les rendrons jamais», affirme un ouvrier qui y campe nuit et jour, avec une dizaine d'autres. Quelques-uns ont même envisagé de les vendre.

Louis Schweitzer devrait négocier aujourd'hui la restitution de ce «trésor de guerre». A 15 heures, le patron de Renault va rencontrer les leaders syndicaux belges accompagnés du délégué français Michel Batt, également président du comité de groupe européen. Le 27 février, à l'annonce de la fermeture, le premier geste des salariés de Vilvorde a été de bloquer ce parking, traversé par une ligne de chemin de fer et distant d'à peine 2 kilomètres des chaînes de montage. «Nous n'étions même pas encore avertis officiellement de la fermeture qu'il y avait déjà des camions qui tentaient de sortir les voitures. L'un d'entre nous est arrivé en courant pour nous avertir et nous sommes parvenus à les arrêter à temps. La seule chose que nous n'avons pu empêcher, c'est le départ d'un train», raconte Belly, employé à la peinture. Depuis près de trois semaines, les portes du parc sont donc farouchement gar

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