Christian Blanc joue sa dernière carte. Si les pilotes d'Air France
maintiennent leur grève du 23 au 26 mars (quatre jours reconductibles en avril), le Pdg de la compagnie nationale démissionnera. C'est du moins ce qu'il a annoncé, hier, lors d'un conseil d'administration (1) extraordinaire qui s'est tenu de 8h30 à 11heures au siège du groupe. «Si vous arrêtez, on arrêtera tous», a lancé Christian Blanc. «Cela a été un conseil de crise», confie la direction. Et les débats, selon la confidence prudente d'un administrateur salarié, «n'ont pas été ordinaires». La déclaration écrite que Christian Blanc a distribuée à son conseil se termine par ces mots: «Dans ces conditions, constatant la semaine prochaine la paralysie inacceptable de l'entreprise alors que nous sommes en guerre économique, j'estimerai que le contrat moral que j'ai passé avec les personnels d'Air France il y a trois ans, à l'occasion du référendum, n'existe plus. J'en tirerai toutes les conséquences lors du Conseil d'administration fixé le 27 mars». Coup de bluff? La personnalité de Christian Blanc, amateur de rapports de force, peut le laisser supposer. Dans le genre «retenez-moi ou je fais un malheur», le patron d'Air France n'en est pas à son coup d'essai. Mais la crise a atteint un seuil dangereux, moins de quinze jours avant la fusion entre Air France et Air Inter Europe. Du coup, Blanc a annulé un déplacement à Hong-Kong. Il a au moins réussi à faire bouger le camp adverse. Les syndicats se sont, chacun d




