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Renault-Vilvorde se désespère. Quatrième semaine de conflit et toujours pas d'issue.

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Publié le 25/03/1997 à 22h46

Vilvorde, envoyée spéciale

La porte-tambour, conduisant aux quais de l'Eurostar n'a tenue que quelques secondes. Pas plus que n'ont résisté les grilles du Parc des expositions du Heysel, où avait lieu un Salon du tourisme. En une minute, les grilles d'entrée ont cédé sous les coups et le cordon de policiers belges, qui tentait de barrer l'entrée, a dû battre en retraite. Hier, les Renault de Vilvorde, qui entrent dans leur quatrième semaine de conflit, ont changé d'attitude. La colère et le désespoir ont remplacé l'optimisme des premiers jours, quand les 3 100 salariés espéraient encore faire revenir Louis Schweitzer sur sa décision de fermer l'usine. La fatigue, aussi, joue son rôle. Et l'alcool a fait son apparition. Du coup, les leaders syndicaux ont parfois du mal à contenir la rage de ceux qui pensent qu'ils «n'ont plus rien à perdre».

Hier, avant 7 heures du matin, l'assemblée générale, dans l'usine de Vilvorde, démarrait. Mais, à peine Raymond Smeulders, du syndicat FGTB (socialiste), avait-il pris la parole que des sifflets se faisaient entendre. «Je suis pour la reprise du travail. Je dois payer mon loyer, je n'arrive pas au bout», clame Jean. A côté de lui, André râle aussi, mais pas pour les mêmes raisons. Lui trouve que les nouvelles actions proposées par les syndicats sont «trop faibles». L'assemblée se montre divisée, tiraillée. La tension est palpable.

A nouveau, les syndicats ont obtenu de la direction belge de Renault le paiement de quatre jours sur cinq pour

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