Les cloches de Pâques volent, pas les passagers. Ce samedi, aucun
avion d'Air Inter Europe ne décollera: la direction a tout annulé, à l'exception des liaisons province-province et des vols intérieurs, peu nombreux, sur Roissy. Vendredi, les personnels au sol d'Air Inter Europe ont déclenché une grève surprise qui avait déjà entraîné l'annulation de quasiment tous les vols. Le même jour, les salariés de TAT ont eux aussi cessé le travail mais pour 24 heures seulement. Ce n'est pas fini: lundi 31 mars et mardi 1er avril, une partie des pilotes d'Air Inter Europe se mettra à son tour en grève pour 48 heures. Une série noire en plein week-end pascal.
Toute cette agitation dans les aéroports est liée à une date, le 1er avril. Ce jour-là, gros chambardement dans les habitudes: Air France fusionne avec Air Inter Europe, TAT fusionne avec Air Liberté (les deux opérations passant par la phrase transitoire d'une location-gérance), et la libéralisation du ciel européen devient officielle. Ce qui signifie que les compagnies aériennes des quinze pays membres de la CEE n'ont plus besoin de demander une autorisation pour se poser et décoller où bon leur semble (à la condition de posséder les créneaux horaires adéquats). Cette ultime mutation, sur un marché déjà très concurrentiel, provoque bien des grincements de dents. Pour les compagnies, elle justifie la réduction de leurs coûts et leurs réorganisations, qui passent par une modification des conditions de travail et des rémunérations. Pou




