Le ciel est libre. A dater d'aujourd'hui, les compagnies aériennes
des quinze pays membres de l'Union européenne peuvent décoller et se poser où bon leur semble, y compris pour assurer un vol intérieur chez le voisin. Enjeu de cette libéralisation: 350 millions d'habitants, tous passagers potentiels. Le dernier verrou tombe aujourd'hui, après dix ans de pourparlers qui ont débouché sur deux étapes préparatoires: le 1er janvier 1993, les Etats membres ont ouvert leur ciel domestique à la concurrence nationale. Et le 1er janvier 1996, les compagnies ont eu accès au «cabotage consécutif»: cet embryon de libéralisation leur permettait jusqu'ici d'atterrir dans la ville d'un pays tiers, à condition que ce soit dans le cadre d'un prolongement de vol international et encore, avec un nombre de places limitées. Ainsi, le transporteur allemand Lufthansa a ouvert récemment une ligne Munich-Lyon-Nantes. Désormais, plus de contrainte: tout le monde peut «caboter» tranquille.
Selon nos informations, Air France, en partenariat avec la petite compagnie allemande Eurowings, ouvrira ainsi le 5 mai, une liaison Berlin-Francfort. C'est là le premier exemple d'une offensive française pour s'implanter sur un autre territoire. Y en aura-t-il d'autres?
Des aéroports déjà saturés. Pas sûr. Dans l'immédiat, les ouvertures de ligne se feront au compte-gouttes. Les passagers n'auront pas à choisir sur catalogue la compagnie allemande, française, grecque ou scandinave qui les transportera de Barcelone à




