Feu la compagnie Air Inter a vécu hier une nouvelle journée de
crise. Les appels à la grève se sont multipliés et deux têtes sont tombées: celle de Michel Ennesser, directeur général adjoint, qui aurait eu, à propos des grévistes, cette phrase: «Il faut les comprendre», et celle d'Yves Fourot, nommé directeur de l'escale d'Orly il y a peine dix jours... Dans un communiqué sec, Air France faisait savoir hier que son directeur général Marc Veron prenait la «gestion directe» des escales d'Orly-Ouest et de province en ébullition depuis le 28 mars. Pour toute réponse, les grévistes promettent une nouvelle «action forte» vendredi.
Hier, les syndicats Sud-Aérien et CGT ont appelé le personnel au sol à des débrayages de deux fois quatre heures. La CFDT s'est désolidarisée. Un peu plus tard, l'Ugict-CGT invitait les hôtesses et stewards à débrayer. Puis ce fut le syndicat de pilotes, l'USPNT. Il ne fut pas question de préavis pourtant obligatoire, selon la direction. Mais, hier, tous les vols ont pu être assurés, avec retards. «Le conflit s'essouffle», veut croire la direction qui se demande d'où le coup est parti. «Mais qu'est-ce qu'ils veulent?», s'interroge-t-on au siège de la compagnie. Cette dernière pensait que l'accord de février, qui garantit le maintien du salaire de tous les employés d'Air Inter Europe jusqu'en 1998, malgré la fusion avec Air France (entamée depuis le 1er avril) garantirait la paix sociale. Elle s'est trompée. Les salariés ont retourné l'argument de la fusi




