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Vilvorde: cinq semaines de grève, et après? Jeudi, les salariés belges voteront pour ou contre la reprise. Attente anxieuse.

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Publié le 08/04/1997 à 1h19

Jan coule un regard triste sur sa bière: «Jacques Brel a dit: ceux

qui doivent choisir perdent toujours.» Hier, les 3 100 salariés de Renault-Vilvorde réunis en assemblée générale ont écouté leurs délégués syndicaux les appeler à voter, jeudi, pour la reprise du travail lundi 14 avril. L'ensemble du personnel sera appelé aux urnes. «Aucune famille ne peut faire grève pendant des mois. Nous devons reprendre le travail sous certaines conditions», annonce George Jacquemijn, représentant du syndicat CSC. Une salve de pétards lui répond. «Il faut garder des munitions», tempère Karel Gacoms, secrétaire fédéral de la FGTB. «Le temps de la procédure, personne ne sera mis à la porte.» «Mauviette!», crie quelqu'un.

Désemparés, les salariés qui ont été les plus actifs durant les cinq semaines de conflit ravalent difficilement leur colère. Ceux-là devraient être affectés en priorité aux trois équipes (60 personnes) chargées, même si l'usine recommence à tourner, de garder le stock de voitures qui ne sera pas restitué.

Hier, Renault devait contacter ses fournisseurs, mais aucune donnée sur le nombre de voitures à produire n'a encore été annoncée. Les syndicats ont fait appel à des employés «volontaires» pour vérifier l'état des machines avant leur remise en route. «Il suffit qu'une unité de 20 personnes décide de ne pas retravailler pour que l'usine s'arrête. Et alors Renault pourrait sauter sur l'occasion pour fermer plus tôt. Le référendum l'arrange: il nous divise», s'angoisse une représ

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