Tokyo de notre correspondante.
Quand il a pris les rênes de Honda en décembre 1990, peu pariaient sur les chances de succès de l'ingénieur Nobuhiko Kawamoto, un pur produit maison. Pas facile, en effet, de s'imposer à la tête d'un groupe longtemps dirigé par son légendaire fondateur, Soichiro Honda, l'un des patrons les plus vénérés du Japon, disparu en 1991. La success story Honda avait alors du plomb dans l'aile. Comme pour l'économie japonaise, le tournant des années 90 fut un passage difficile. La hausse du yen laminait ses profits. En 1993-1994, les ventes de véhicules fléchissaient, le groupe avait perdu son souffle créatif. Il lui fallait subir une complète révision. Moins de trois ans plus tard, Honda enregistre les plus beaux succès de son demi-siècle d'histoire. Honda est passé du cinquième au troisième rang au Japon, avec une part de marché de 11,5% derrière Toyota (39,8%) et Nissan (19,9%).
Récemment votre concurrent Toyota a laissé planer un doute sur ses investissements futurs en Grande-Bretagne au cas où ce pays se tiendrait à l'écart de l'Union monétaire européenne. Qu'en pensez-vous?
La décision concernant la monnaie unique appartient aux Européens. La seule chose que nous pouvons faire, c'est nous préparer à répondre le plus rapidement possible à tout changement de situation. La question de savoir si l'Angleterre participera ou non à la monnaie commune est un facteur parmi beaucoup d'autres que nous prenons en compte. Pensez-vous que la monnaie unique soit un




