«J'en ai assez. C'est intolérable», a lâché mardi le Premier
ministre japonais après un incident survenu dans le réacteur de Fugen, un prototype exploité par Donen, l'organisme public en charge de la recherche nucléaire. Donen a attendu trente heures avant de prévenir les autorités qu'une fuite de matières radioactives était intervenue dans ce réacteur chargé en MOX, un combustible au plutonium.
Cet incident intervient un mois après une explosion dans une usine de retraitement de combustible, elle aussi exploitée par Donen. 37 ouvriers avaient été irradiés. Les responsables de Donen avaient remis un rapport falsifié. Et le ministère de tutelle a engagé avant-hier des poursuites pénales contre cinq responsables. En décembre 1995, Donen avait déjà caché la gravité d'un incident dans le surgénérateur de Monju. «Donen doit être démantelée», a déclaré avant-hier le porte-parole du gouvernement. Le Japon tire un tiers de son électricité du nucléaire et veut porter cette part à 42% en 2010. Le patron de l'Agence de la science et de la technologie, l'administration de tutelle de Donen, a reconnu hier que l'organisme avait fait preuve «d'excès de confiance». «Nous devons réagir rapidement faute de quoi l'ensemble du programme japonais risque d'être bloqué.» Le réacteur de Fugen ne redémarrera «pas avant un an», selon le ministère de tutelle, l'usine de retraitement de combustibles de Tokaimura sera arrêtée «jusqu'en 2001»; quant au surgénérateur de Monju, nul ne sait s'il fonctionnera




