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Bruxelles n'apprécie pas les fiançailles McDonnell-Boeing Le projet de fusion est jugé contraire aux lois de la concurrence.

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Publié le 23/05/1997 à 2h14

New York de notre correspondant

La Commission européenne a Boeing dans le nez. Et elle lui a fait savoir mercredi soir. Le commissaire à la concurrence, Karel van Miert, a exposé au constructeur américain et à son compatriote McDonnell Douglas (MDD) tout le mal qu'il pense de leur projet de fusion. En langage européen, cela s'appelle une «lettre de griefs». Le 19 mars, au lendemain de l'annonce par les deux groupes de leur intention de se marier, Bruxelles avait mis l'affaire sous enquête. Même si la fusion concerne deux compagnies américaines, la commission est habilitée à vérifier qu'une telle opération ne crée pas de distorsion sur le marché et, incidemment, ne pénalise pas le chouchou de l'aéronautique européenne, Airbus. Selon Bruxelles, Boeing représente déjà 64% des avions de plus de 100 places et 74% des gros porteurs. La fusion lui apporterait les parts de marché, faibles, de MDD mais des capacités de production bien supérieures. Autre pomme de discorde: les contrats d'exclusivité. Boeing en a signé avec American Airlines et Delta, qui se sont engagées à se fournir chez lui pendant vingt ans. Selon le Wall Street Journal, Continental s'apprêterait à en faire autant. La Commission peut, si Boeing ne se plie pas à ses desiderata, imposer des amendes équivalentes à 10% de son chiffre d'affaires. De plus, les actes de Boeing-MDD seraient frappés de nullité sur le territoire de l'Union et attaquables par un concurrent devant les tribunaux. Avec de tels enjeux, ce dossie

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