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Prague s'accroche à sa couronne. Le gouvernement tchèque défend sa monnaie attaquée. Et une économie mal en point.

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Publié le 24/05/1997 à 2h08

Prague de notre correspondant

Deux milliards de dollars: c'est ce qu'a dépensé la banque centrale tchèque depuis une semaine pour soutenir le cours de sa monnaie, la couronne tchèque, violemment attaquée par les spéculateurs sur les marchés des changes internationaux. «Nous continuerons à intervenir pour maintenir la stabilité, une dévaluation est exclue pour l'instant», a répété hier Martin Svehla, porte-parole de la Banque nationale tchèque (CNB). Dans les milieux financiers, on se demande si la CNB pourra continuer longtemps à puiser à un tel rythme dans ses réserves en devises. Celles-ci se montaient à 11,7 milliards de dollars (66 milliards de francs) fin mars. Cette attaque spéculative intervient alors que la coalition gouvernementale de centre droit tangue sérieusement depuis plusieurs jours ­ un large remaniement ministériel est imminent. L'état d'urgence a été déclaré sur le front économique et les jours du Premier ministre Vaclav Klaus paraissent comptés.

Que reste-t-il du miracle tchèque? Architecte des réformes, Vaclav Klaus traverse une période pénible. Corruption généralisée, délits d'initiés, croissance en berne (2,5% au mieux pour 1997, soit moitié moins que prévu), recul de la production industrielle, hausse de la productivité nettement plus lente que celle des salaires, tous les indicateurs macroéconomiques ont basculé dans le rouge depuis plusieurs semaines. Klaus doit se mordre les doigts d'avoir parlé trop vite. En 1995, ce supertechnocrate adulé par les

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