Le fabricant de jouets japonais a décidé hier de ne plus jouer la
fusion avec Sega, le géant des jeux électroniques. Motif: l'incompatibilité des cultures entre les deux sociétés. En fait, entre l'annonce de la fusion en janvier et aujourd'hui, un phénomène du nom de «Tamagotchi» a changé la donne.
Le Tamagotchi, c'est cet animal virtuel de la taille et de la forme d'un oeuf qui évolue en fonction des soins qu'on lui porte. Inventé par Aiki Maita, 30 ans, il est en train de devenir un best-seller mondial. Un succès digne du Rubix Cube des années 80, inventé par le mathématicien hongrois Erno Rubik. A ceci près qu'Aiki Maita, salariée de Bandai, n'en a pour l'instant retiré aucun bénéfice personnel. La folie du Tamagotchi s'est emparée des Japonais vers la fin de l'année dernière, alors que Bandai et Sega parlaient déjà fusion. Mais nul ne prévoyait un tel succès, pas même les patrons de la société. Destiné aux jeunes, ce jouet (100 F pièce environ) est devenu la passion des adultes, qui l'emportent au bureau, faute de trouver un baby-sitter. Car ce petit animal électronique (en réalité une animation sur un écran à cristaux liquides) requiert une attention de tous les instants. Qu'on le néglige, il se met aussitôt à dépérir ou à couiner sa colère. Comme un bébé, il pisse, s'éduque, pleure ou tombe malade.
Très vite, les magasins de Tokyo ont été en rupture de stocks, l'unique usine fabriquant le Tamagotchi, en Chine, se révélant incapable de satisfaire la demande. On a même vu u




