C'est la dernière leçon de marketing en provenance des Etats-Unis.
Seulement, c'est une leçon à ne pas imiter. Annoncée en fanfare il y a moins de deux mois, (Libération du 3 mars) la dernière campagne de promotion signée McDonald's a été abandonnée cette semaine avant que le désastre commercial ne tourne à la révolte chez les franchisés. L'offensive baptisée «Campagne 55» en souvenir de 1955, année d'ouverture du premier restaurant de la chaîne était destinée à relancer aux Etats-Unis des ventes qui stagnaient: une série de promotions dont la plus spectaculaire consistait à offrir le Big Mac à 55 cents (un peu plus de 3 francs) soit près de trois fois moins que son prix précédent et près de moitié moins que le Whopper de Burger King. Et pourtant, cette campagne n'a pas réussi à enrayer la baisse du chiffre d'affaires. Pire: d'après la banque Salomon Brothers, les ventes auraient même reculé de 4% à 7% en mai par rapport à l'année précédente. La faillite n'est certes pas pour demain: avec 33 millions de clients par jour dans le monde, McDonald's conserve clairement sa place de numéro un.
Mais il n'en a pas fallu plus pour déclencher une nouvelle fronde des franchisés. Ceux-ci étaient déjà remontés contre la politique d'expansion menée par le PDG de la chaîne, Michael Quinlan: en multipliant le nombre de restaurants pour augmenter les parts de marché, il avait soumis les implantations les plus anciennes à rude concurrence. Les franchisés avaient vu d'un mauvais oeil cette




