Léonard Cohen Arte, 23h25, Docu.
On peut commencer par ricaner en apercevant Léonard Cohen trottiner en robe de bure avec ses camarades bouddhistes à la façon des sept nains qui rentrent du boulot. Mais au fur et à mesure qu'il nous introduit dans sa retraite zen au monastère du Mont Baldy, sur les hauteurs de Los Angeles, on est conquis par ce mélange de sérénité gagnée apparemment de haute lutte et d'autodérision discrète que n'a pas entamées l'enseignement de son maître Roshi, 90 ans. Léonard Cohen dit qu'«il n'a jamais été doué pour les relations affectives» et qu'«il n'avait pas en lui ce qu'il fallait pour profiter de son succès». Si on ajoute qu'«il aime être avec des gens sans avoir à leur parler», on comprend ce qu'il fiche là, se confiant sans chichi ni prosélytisme («des fois j'irai bien quand même m'allonger deux jours devant la télé»), composant toujours, écrivant beaucoup, heureux d'être délesté du monde extérieur dont il est de toute façon «trop vieux pour apprendre le nom des nouveaux tueurs», mais un au moins «connaît probablement une ou deux de ses chansons». Une dizaine d'albums en trente ans de carrière, Cohen n'a jamais été prolifique, suivant un cheminement plus effacé et stoïcien là où son contemporain Bob Dylan prenait tout de plein fouet dans la gueule (et se retrouve à l'hosto). Peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse. Plus reportage que docu, ce travail modeste d'Armelle Brusq se révèle très relaxant.
Sur la route avec Guy Bedos France 2, 23




