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Japon: mafia et finance font bon ménage. Une série de scandales révèle des liens étroits.

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Publié le 05/07/1997 à 6h28

Il est 22 heures, ce samedi 28 juin. Kuniji Miyazaki, ancien

chairman de la Dai-Ichi Kangyo Bank (DKB), deuxième banque du Japon, rentre chez lui. Le 13 juin, il a été contraint de démissionner et aujourd'hui il a subi l'interrogatoire des enquêteurs du parquet dans le cadre de l'affaire Nomura-DKB. Les deux établissements défraient la chronique pour avoir arrosé abondamment, plusieurs années durant, un des membres de la mafia financière. Kuniji Miyazaki va se coucher vers minuit. Le lendemain matin, sa femme le découvre pendu dans sa chambre. Le suicide pour sauver la face, dans la tradition des samouraïs. «S'il savait des choses, il aurait dû les dire, pas se suicider», a sévèrement lâché un autre grand patron, le président des films Fuji.

Arrestations. Il s'agit là de l'un des plus gros scandales financiers de ces dix dernières années. Chez Nomura, premier courtier japonais, quinze membres du conseil d'administration ont été évincés, deux responsables écroués ainsi que l'ancien président, Hideo Sakamaki, dont les excuses n'ont pas suffi à étouffer le scandale. Plusieurs de ses plus gros clients, dont de gros fonds de pension américains et aussi des investisseurs japonais, sont partis en claquant la porte. Et le pire reste sans doute à venir: l'annonce, dans les prochaines semaines, de sanctions qui devraient obliger Nomura à suspendre ses activités pendant plusieurs mois. L'affaire a gagné ensuite la DKB. Plusieurs hauts responsables ont été incarcérés, avant le suicide de

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