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DECRYPTAGES. SNCF: une dette allégée à bon compte.

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Publié le 14/07/1997 à 6h07

La SNCF à nouveau soulagée de 20 milliards de francs de dette (sur

68,5 milliards), l'horizon s'éclaircit singulièrement pour son PDG, Louis Gallois. Au point que celui-ci envisage un retour à l'équilibre, peut-être avant 1999. Alléger la dette de la SNCF, c'est faire d'une pierre trois coups. Un: la mesure satisfait toute la maison, des syndicats à la direction. Deux: elle est populaire, puisqu'elle est «troquée» contre 2 000 embauches (qui, il est vrai, compensent un plan de suppression de 2 200 postes). Trois: elle permet de faire passer le maintien du Réseau ferré de France (RFF), le nouvel organisme chargé de la gestion des infrastructures, créé par la droite mais dénoncé par les syndicats comme une «partition en deux de la SNCF» (et combattu par Gayssot lui-même il y a quelques mois...). Mais il reste une question: comment le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, s'y est-il pris pour faire avaler à Bercy cette nouvelle addition, qui sera portée dans la dette de l'Etat? A en juger par sa réaction, le ministère de l'Economie n'est guère ravi de l'opération: «Nous n'avons aucun commentaire à faire.

­ Mais... ­ Aucun commentaire!»

Pour limiter les dégâts, c'est-à-dire effacer les 20 milliards de francs sans que cela ne se remarque trop, le gouvernement a eu recours à une vieille ficelle: l'étirement de la dette. En 1990, l'Etat avait déjà, sur 100 milliards de dettes, décidé d'en prélever 38 milliards. Un «service annexe de la dette de la SNCF» avait été créé pour c

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