Vilvorde, envoyée spéciale.
Pas un mot, pas un cri pour accueillir les résultats du référendum. Sur 2 155 votants, 92% des ouvriers ont voté «d'accord» pour le plan social proposé par Renault, destiné à accompagner la fermeture de l'usine de Vilvorde. Seuls 8% l'ont rejeté, par un autre mot tout aussi lapidaire: «pas d'accord». Ce raz-de-marée en faveur du plan surprend presque les syndicats, organisateurs de la consultation d'hier. «92%, c'est presque trop, pour un plan social qui, quoi qu'en dise Lionel Jospin, n'est pas exceptionnel. Schweitzer (le patron de Renault, ndlr) voulait fermer avant le 31 juillet, c'est fait. Il a gagné», commente Karel Gacoms, syndicaliste de la FGTB (socialiste).
Point final. Les rares ouvriers venus aux nouvelles à 17 heures paraissent assommés par le score qui suit de très près celui des 400 employés. Ces derniers avaient, eux aussi, approuvé à 95% le plan la semaine dernière lors d'un vote séparé.
«L'argent a primé sur l'emploi», constate Franz, un militant CSC (syndicat chrétien). «Cela veut dire qu'il était temps que nous parvenions à un accord», corrige Jean-Paul Verbecke, délégué principal du CSC. Après cinq mois de conflit, deux procès, des dizaines de manifestations, après avoir interpellé les politiques de France et de Belgique, puis entamé des négociations marathon au ministère du Travail belge, les Vilvorde ont décidé de mettre un point final à l'histoire de leur usine. Non sans tristesse.
Hormis l'immense atelier central, l'usine est




