La sacoche du facteur de Vergèze, petite commune du Gard, s'est
alourdie ces derniers jours avec des milliers de lettres envoyées par Perrier. La Source d'eau pétillante inaugure une nouvelle forme de communication de crise: les suppressions d'emploi expliquées non plus aux seuls salariés, mais à tous ceux qui peuvent avoir de l'influence sur eux. 717 emplois menacés. Dans leurs boîtes aux lettres, des médecins, des prêtres, des directeurs d'école, des élus, des responsables de clubs boulistes ont donc trouvé du papier à en-tête de la célèbre marque. Le site gardois, qui comprend l'usine d'embouteillage (1 700 personnes) et sa filiale, la Verrerie du Languedoc (VDL, 550 personnes) a annoncé le 17 juillet son intention de mettre en oeuvre un troisième plan social en cinq ans. Depuis l'OPA lancée en 1992 sur Perrier par Nestlé , plus de 1 000 personnes ont dû quitter l'entreprise, en deux vagues. Cette fois, 717 postes sont menacés, soit le tiers des effectifs. Le nettoyage, le gardiennage, la restauration seront confiés à des sociétés externes. Et 380 emplois de production devront disparaître. Mais Perrier est à Vergèze (3 500 habitants) ce que Michelin est à Clermont-Ferrand: premier employeur local, l'entreprise est à ce point impliquée dans le paysage qu'elle suscite toujours la passion. Bon nombre de maires, dont celui de Vergèze , sont d'anciens «bouillens» (appellation qu'aiment à se donner les Perrier en hommage au véritable nom de la source). Les anciens de l'usine t




